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📚Et si on partait en quête d'un héritage familial et territorial ?

  • Photo du rédacteur: Audrey Sabardeil auteur
    Audrey Sabardeil auteur
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

"La part des vivants" (2026)

Sophie Boutière-Damahi

Ed. Le bruit du monde


"La part des vivants" est construit à rebours. Nous sommes à la fin des années 80, et d'une profonde crise industrielle, politique et sociale dont La Ciotat se remet à peine aujourd'hui, 40 ans plus tard, on plonge avec Tania Ricci, par les confidences d'un oncle, dans l'histoire de sa famille, mais aussi de Marseille, de La Ciotat et de l'Italie. Celle de l'entre deux guerres puis de l'Occupation et des nazis. Autour de l'adolescente se tisse l'écheveau des destins de toute son ascendance, de Marius, Georges, Louise, Gennaro, Adamaria et de l'énigmatique Arturo.


Dans ce roman social, l'intime et l'Histoire se répondent autour d'une intrigue savamment orchestrée : l'autrice remonte le fil du temps et donne à chaque personnage une place toute particulière et, plus crucial encore, une voix singulière, précise et toujours juste. Ce récit, comme d'autres, illustre comment le passé innerve le présent et, bien plus puissamment à mes yeux, l'écriture tout en nuances de ce texte met en lumière le rôle particulier des femmes dans cette famille - et dans l'Histoire : conventions et usages ne leur donnaient pas voix au chapitre, seule la parole des maris et des fils portait. Pourtant, entre silences et transmission, ce roman dit beaucoup de leur force et de leur influence à bas bruit.


C'est aussi la voix des immigrés que l'on entend, de ceux qui luttent pour leur dignité, ceux qui résistent au quotidien, de la seule force de leur pugnacité - ou de leur désespoir. L'autrice, je crois, a voulu célébrer la grandeur de ces hommes et ces femmes modestes et a su le faire sans céder à l'hagiographie. Ces personnages sont simplement et fondamentalement humains. Qui plus est, en ancrant sa fresque dans les vieux quartiers marseillais et à la Ciotat tout autant qu'à Naples et sur l'île de Procida, Sophie Boutière-Damahi affirme que nous sommes pétris des personnes qui incarnent nos racines, mais aussi des lieux qui en sont le terreau. Je suis convaincue que ces rues, ces ports, ces maisons vivent en nous, comme elle l'a imaginé pour ses personnages. Les murs portent en eux la trace des combats qui transcendent les générations.


Une lecture à différentes strates qui questionne sur soi et qui invite à se réapproprier son propre héritage, qu’il soit familial ou territorial. C'est d'autant plus admirable qu'il s'agit là du premier roman de l'autrice.

 
 
 

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