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Y a maison et maison

  • Photo du rédacteur: Audrey Sabardeil auteur
    Audrey Sabardeil auteur
  • 21 oct. 2025
  • 5 min de lecture

Quand un auteur a écrit, lu et relu son manuscrit, il l'envoie à des éditeurs, ou plus exactement à des maisons d'édition (ME pour les intimes).


Les lecteurs de la saga Harry Potter connaissent Poudlard et ses maisons : Gryffondor (caractérisée par le courage, la hardiesse, la force d'esprit), Poufsouffle (celle de la patience, de la loyauté, de la constance aussi), Serdaigle (sagesse et érudition sont ses maîtres-mots) et Serpentard (la ruse et l'adresse sont ses principes).


Vous savez quoi ? Chez les éditeurs aussi, y a maison et maison...

Voilà pourquoi aujourd'hui, je suis repartie en guerre contre ma première maison : M+ éditions. Je vous laisse imaginer dans quelle maison le Choixpeau magique aurait envoyé son éditeur. Je ne dirais pas ici son nom. Appelons-le Voldemort...


"FUYEZ, PAUVRES FOUS !" Voilà ce que crie Gandalf à ses compagnons devant la Moria. C'est ce que je vous conseillerais aussi, si vous cherchez une maison d'édition compétente et honnête.


Je résume au plus court :


- En 2021, j'envoie mon premier manuscrit à une quarantaine de ME tous azimuts (mais seulement à compte d'éditeur. Voilà la seule chose que j'avais comprise de mes recherches sur internet à l'époque). Voldemort me répond en substance : livre formidable, pas une virgule à changer, je veux vous éditer.  

Waouh ! J'ai plongé. En remerciant poliment le monsieur. Et suis rentrée dans le monde du livre. (Cela dit, rien que pour ça, ça valait le coup de croiser Voldemort... et de l'affronter !)


Au final : aucun travail éditorial, pas de correction professionnelle, seulement des étudiants stagiaires (très volontaires, je dois dire) sur lesquels ledit éditeur fait reposer tous les ratages possibles en terme d'approvisionnement, de facturation ou autre. Elégant ! Et très pro !


Pas de travail de promo non plus, aucun salon, aucune presse, aucune radio. De mon côté, je me démène. J'apprends sur le tas. Je me crée un compte Facebook auteur, insta, j'apprends à faire un site internet, je fais le tour des libraires, je contacte des organisateurs de salons, des bibliothécaires, ... Et ça marche : je finis par être invitée à des salons, je décroche quelques radios locales et même quelques papier presse. "Le soleil ne brille pas pour tout le monde" se vend plutôt bien, à la seule force de mes petits bras. Un libraire de Martigues, alors, me met en garde contre mon éditeur. Que puis-je faire ? Rien, pensais-je, et puis, je suis occupée à écrire mon second manuscrit. C'est la seule chose qui m'intéresse : écrire. Je décide que la partie éditoriale n'a pas tant d'importance (ce qui est faux), et que ce n'est pas mon rayon (ce qui est vrai).


- En 2022, je soumets un second manuscrit (j'ai une clause de préférence dans mon contrat. J'ignore encore qu'elle est abusive et puis je ne réalise pas encore à quel point je suis dans un panier de crabes). Voldemort est ok pour publier ce nouveau roman. Je rempile. Cette édition n'est pas grand chose d'autre qu'un travail d'impression mais enfin "Les Naufragés" sort en librairie et les lecteurs lui font bon accueil. Mon premier roman se vend toujours ... Libraires et organisateurs de salons me contactent spontanément, un ou deux journalistes aussi.


- En coulisses, ce n'est pas si enthousiasmant : pas de reddition de comptes en bonne et due forme (C'est le document officiel que doit fournir chaque année l'éditeur à son auteur pour l'informer du tirage, des ventes papier, numériques, des retours, des droits d'auteurs, ...). Or toutes les infos légales n'y figurent pas, certains documents que je reçois de la ME sont grossièrement caviardés (si! si!), les délais sont allègrement dépassés et je n'obtiens ces documents qu'après mails, coups de fil, et finalement recommandés avec AR)


- Les droits d'auteurs eux-mêmes n'arrivent pas, en tout cas pendant bien trop longtemps au vu de la loi. Finalement, à coups de mails, appels téléphoniques plus ou moins cordiaux, courriers recommandés, menace de procédure judicaire, j'obtiens le paiement de mes droits d'auteurs nets (Normal : sauf demande expresse de l'auteur, c'est l'éditeur qui doit payer les cotisations sociales. Voldemort m'avait d'ailleurs déconseillé de m'en charger moi-même : "Tu comprends, c'est si complexe, et si fastidieux !" - Tu m'étonnes ...)


- Je m'étonne de ne jamais recevoir d'attestation URSSAF, je demande plusieurs fois des explications à Voldemort : il répond tour à tour "manque de temps", "manque de personnel", "incompétence de son comptable en sous-traitance" (!), "lenteur de l'administration fiscale", ...)


-En 2024, je finis par appeler l'URSSAF. Et je découvre grâce à eux que jamais cet éditeur ne m'avait déclarée !!!  


- Suite à tout cela, je réclame à l'éditeur de récupérer mes droits patrimoniaux sur mes 2 titres (pas question de continuer avec cet éditeur, quitte à n'être plus éditée chez personne, voilà ce que je me dis alors.)


- A nouveau, je fais des mises en demeure, et aussi un signalement aux URSSAF, un signalement au FISC et au Service de Répression des Fraudes du Rhône. A l'heure actuelle, je ne sais toujours pas ce que sont devenus ces dépôts de plainte.


- En 2024, j'obtiens enfin de M+ la rupture immédiate de mes 2 contrats et sans contreparties financières (il ne manquerait plus que ça !). Voldemort n'a plus le droit de commercialiser "Le soleil ne brille pas pour tout le monde", ni "Les Naufragés".


Depuis, je me bats pour obtenir le paiement des droits restants dus sur la vente des exemplaires toujours en circulation et le paiement des cotisations URSSAF.


- Entre temps, sur les salons (obtenus grâce à moi seule, localement puis désormais plus loin), je rencontre plusieurs auteurs M+. On échange ... et je me rends compte que bien d'autres se heurtent aux mêmes problèmes. Je dévoile mes tristes découvertes à ceux qui n'ont encore que des soupçons (ou n'ont encore rien vu). Sur les réseaux, je me rapproche de certains autres, nous échangeons par téléphone. Avec quelques-uns, on forme un groupe de discussion, on tente de s'organiser. Plus le temps passe, plus nombreux sont les auteurs qui découvrent le fraude dont ils sont victimes.


Moi qui croyais être le dindon de la farce découvre que c'est un système échafaudé par Voldemort, similaire aux arnaques pyramidales et aux logiques d'entrepreneurs peu scrupuleux dans d'autres secteurs professionnels. Car le fait est que, parmi les auteurs M+, nous sommes très nombreux à être victimes au minimum de retards de paiement, au pire d'escroquerie manifeste.


Donc, je le répète, si l'envie vous prenait d'envoyer votre manuscrit à M+ éditions : FUYEZ !


Et au passage, des auteurs m'ont signalé que Voldemort avait monté une autre ME appelée "Salammbô", spécialisée Romance. Je doute fort que quelqu'un de si malhonnête puisse se montrer soudain vertueux. A bon entendeur ...


Quant à moi, aujourd'hui, j'ai pris mon courage à deux mains, et plutôt que de travailler à peaufiner mon dernier manuscrit (heureusement signé auprès d'une ME d'un tout autre genre), je me suis attelée à reprendre la lutte : j'ai recontacté l'URSSAF pour vérifier où on en est, adressé un énième mail à M+, lui ai envoyé dans la foulée une nouvelle mise en demeure pour l'exercice 2024 et échangé avec des collègues auteurs comme moi enferrés dans ce nid de vipères, histoire que mon expérience serve à d'autres.


Maison Serpentard
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Maison M+ éditions
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